Sélectionner une page

L’échéance approche pour Mickael, notre barista. Plus qu’une semaine d’entraînement avant l’ouverture des championnats de France de café. Il s’est confié sur ses attentes, sur son avenir…

Comment t’es tu retrouvé à concourir au championnat de France de café en catégorie latte art ?

Ma première participation date de 2015. A l’époque, j’étais barman et je voulais intégrer le monde du café [lien possible vers le premier article]. C’est compliqué si tu n’es pas barista confirmé. Passionné de café et de latte art, je me suis lancé dans l’aventure afin de rencontrer un maximum d’acteur du monde du café. J’ai réussi, peu de temps après, j’avais trouvé un emploi de barista à Paris.

Et ensuite ?

Je me suis rendu compte que je n’étais pas trop mauvais. Alors j’ai de nouveau participé en 2016. J’ai fini au pied du podium, c’était frustrant. Là, cette année, mon objectif, c’est vraiment de finir dans les trois premiers.

 Tu vises donc la première place….

Voilà, tant qu’à faire (rire). Non plus sérieusement, il y a moins de participant à cette édition, mais leur niveau augmente, d’année en année.

« Il faut que la mousse soit assez élastique tout en étant onctueuse et épaisse ».

 

J’imagine que tu t’entraînes durement, surtout ces derniers jours.

Au quotidien, un petit peu. Mais je ne peux pas consacré tout mon temps à ma préparation durant mes heures de travail. Après, c’est sûr, même dans le speed du service j’essaie de réaliser de jolies figures. Pas celles que je prépare pour le championnat. Celles-là sont secrètes.

Et en dehors du Verde Nero ?

Depuis trois mois je vais m’entraîner chez maxicoffee à la La Teste-de-Buch un jour par semaine. J’arrive vers les coups de 10 h pour repartir vers 18 h.

 

Quelles sont les techniques, les qualités pour confectionner un grand latte art ? 

Il faut maîtriser la mousse de lait. C’est essentiel, et c’est une des étapes les plus difficiles. Si tu fais une mousse trop épaisse, ça fera un gros pâté, une grosse tache. Si elle est trop liquide, ton dessin ne marquera pas, le motif fuira. Il faut que la mousse soit assez élastique tout en étant onctueuse et épaisse. En fait, le geste doit être régulier. Pour cela, il n’y a pas de secret, il faut répéter, encore et encore, les figures.

«On compare souvent le latte art à la musique ou au sport ».

Ah oui. C’est vraiment sportif alors !

Exactement. On compare souvent le latte art à la musique et au sport. En musique, lorsque tu débutes, tu es raide, un peu maladroit. Avec la pratique tu es de plus en plus souple, de plus en plus à l’aise. Tes mouvements de poignets sont plus sûr, tu comprends mieux la tasse. En compétition, tu ajoutes la pression, le chronomètre, le jury, les personnes qui te filment,… Ce n’est pas toujours évident.

Comment envisages-tu l’après championnat ? Si tu gagnes par exemple….

 Ça serait une grande satisfaction personnelle. L’intérêt est aussi professionnel. Pour le Verde Nero et pour moi. J’aurai une plus grande crédibilité, une plus grande légitimité dans le monde du café.

Te vois tu participer aux championnat du Monde [le vainqueur français de chaque épreuve y participe ?

Je vivrai ça comme la récompense ultime. Et je n’aurai pas de pression. Le niveau mondial est très très élevé. Par exemple, en latte art, le meilleur barista français est arrivé vingtième. Il y a une soixantaine de pays représenté : le championnat du monde, c’est du sérieux ! Y participer doit vraiment être énorme.

Dans cette dernière ligne droite venez nombreux et nombreuses encourager Mikael dans sa quête du titre national. Il vous remerciera du plus bel latte art de Bordeaux, et bientôt peut-être, de France.

Interview de Mickael